Atelier Mélyne : de la découverte à la transmission
Publié il y a 4 mois
Rencontre avec Evelyne VELLA, sculptrice installée à Leudeville, labellisée Artisan du Tourisme 2026.
Comment est née votre vocation pour la sculpture ?
Evelyne VELLA :
Par hasard, en fait vers 23 ans j’ai participé à un atelier d’origami. L’animateur vient me voir et me dit : « Tu fais quoi comme métier ? » Je lui réponds : « Je suis secrétaire. » Et il poursuit : « Tu n’as rien à faire là-dedans, tu es très agile de tes mains. » Il me montre ce que j’avais fait : j’avais déjà réalisé dix pièces alors que les autres n’avaient pas fini la première… Ça m’a vraiment marquée.
En rentrant, j’ai acheté un livre sur la pâte à sel. J’ai réalisé tout le livre en un week-end. Là, j’ai compris : j’avais effectivement une facilité et c’est grâce à cette expérience que j’ai trouvé ma passion.
Ensuite, j’ai pris quelques cours de sculpture sur argile à Évry. Puis, j’ai continué toute seule chez moi. Je passais tout mon temps libre à sculpter l’argile. Même si la vie m’en a parfois éloignée, je n’ai jamais vraiment lâché. J’ai aussi eu la chance de faire un stage de patines chez Lorenzi à Paris, un atelier de restauration très réputé. En quinze jours, j’ai énormément appris.
J’ai travaillé la pierre et le bois, mais je n’aime pas l’utilisation des outils utilisés pour la taille directe.
Comment travaillez-vous aujourd’hui, et avec quelles matières ?
L’argile, c’est vraiment ma matière de cœur. C’est vivant, agréable au touché. On peut se tromper, recommencer, aller dans les moindres détails, j’adore ça.
Je travaille aussi la résine époxy. C’est une technique complètement différente, voire opposées car c’est plus contraignant, il faut un masque anti-solvant, des gants, des lunettes mais on peut jouer avec la transparence, les inclusions et les couleurs. Et justement, j’aime bien jongler entre les deux techniques. Par exemple, pour mon œuvre « Octobre Rose », j’ai utilisé ces 2 techniques terre cuite/ résine, pour jouer entre détail grâce à l’argile et transparence grâce à l’époxy.
Le plâtre, c’est intéressant car on peut l’utiliser en coulé ou en taille directe, on l’utilise également pour des moules.
Pour mes créations personnelles, je travaille beaucoup à l’instinct. Je n’utilise pas d’ordinateur. Tout est dans la tête., sauf pour les portraits d’après photo. Pour les finitions, je fais des patines, à la cire, à l’acrylique, même des patines au lait.
Vous transmettez aussi votre savoir aujourd’hui…
Oui, et ça, c’est assez nouveau. Pendant longtemps, je ne me sentais pas légitime. Je suis autodidacte, donc je me disais : «Qui suis-je pour donner des cours ? » Mais en réalité j’adore transmettre ma passion et tout le bien être qu’elle apporte.
Aujourd’hui, je donne des cours dans plusieurs associations, et j’adore ça. Ce sont majoritairement des adultes mais j’ai aussi une ado qui ont vraiment envie d’apprendre, il y a une super énergie.
Quels sont vos projets et vos envies pour la suite ?
J’aimerais vraiment travailler davantage avec les collectivités car les portraits d’après photo est un challenge que j’adore. Comme le buste du Maréchal Lannes que j’ai réalisé pour la mairie de Maisons Laffitte. Je vais lancer une campagne auprès des mairies pour proposer des sculpture/hommage dans les villes et village où il y a eu des personnages illustres mais qui n’ont pas encore un buste à leur effigie.
Je réalise aussi des commandes pour des particuliers et des restaurations, malheureusement mon activité n’est pas encore viable, mais je ne désespère pas.
Sinon, on peut voir mon travail dans des salons d’art t un peu partout en Essonne. J’ai eu plusieurs prix, donc ça fait toujours plaisir. Mais pour gagner en visibilité, il faudrait exposer à Paris et çà, entre le transport, le stationnement, et le tarif pour exposé élevé, ce n’est pas simple.
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